PECCRAM : quand éduquer les enfants sauve des vies (et apaise la relation homme–chien)
Description de l'article de blog :


En France, les morsures de chien représentent un vrai problème de santé publique : des centaines de milliers de cas par an, des milliers de passages aux urgences, et des séquelles physiques et psychologiques parfois lourdes, en particulier chez les enfants.(assoprotecvet+1)
Face à ce constat, la prévention ne peut plus reposer uniquement sur la race ou la catégorie du chien : elle doit passer par l’éducation, la connaissance du chien et la responsabilisation de tous. C’est exactement l’objet du programme PECCRAM.
Pourquoi parler des morsures de chien aujourd’hui ?
Les chiffres sont éloquents :
On estime à 250 000 le nombre de morsures de chien par an en France, selon les services vétérinaires, les centres antirabiques et les publications médicales.(politique-animaux)
Une étude multicentrique de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) menée en 2009–2010 dans huit hôpitaux montre que les morsures entraînent régulièrement des plaies profondes, des hospitalisations et des séquelles (esthétiques, physiques, psychologiques).(assoprotecvet)
Les enfants de moins de 15 ans sont particulièrement touchés : ils représentent une part majeure des victimes, et les deux tiers des décès liés aux morsures de chien sur 20 ans concernent des enfants, dont 16 de moins de 5 ans.assoprotecvet+1
Chez les tout-petits, les morsures se situent souvent au niveau de la tête et du cou, avec un risque accru de séquelles durables.(assoprotecvet+1)
Une étude italienne de 2023 montre même que les hospitalisations pour morsures de chien ont presque doublé en 10 ans en Sicile, avec une incidence passant de 0,648 à 1,162 pour 100 000 habitants, et que le groupe d’âge le plus fréquemment blessé est celui des 0–12 ans.(questions.assemblee-nationale)
Source supplémentaire utilisée ici : étude italienne 2023 sur les hospitalisations pour morsures en Sicile (Frontiers in Veterinary Science).(questions.assemblee-nationale)
La race ne fait pas tout : ce que disent les rapports officiels
Pendant longtemps, la prévention s’est concentrée sur les « chiens dangereux » catégorisés par race. Or, les rapports récents remettent en cause cette approche.
Le rapport de l’INVS « Facteurs de gravité des morsures de chien aux urgences » (juin 2010) montre que la gravité dépend de nombreux facteurs : âge de la victime, lien avec le chien, contexte de l’interaction, et pas seulement de la race.(assoprotecvet)
La proposition de loi n° 3916 du 23/02/2021 rappelle, dans son exposé des motifs, que les enfants de moins de 15 ans sont les plus touchés dans la gravité des morsures, et pointe les limites d’une réglementation basée uniquement sur la race.(politique-animaux)
L’ANSES, saisie par le ministère de l’Agriculture, conclut dans son rapport du 8 février 2021 que la catégorisation par race ne permet pas de prédire de manière fiable le risque de morsure.(questions.assemblee-nationale+2)
Citation clé de l’ANSES (reprise dans plusieurs articles et rapports) :
« Pour l’Agence, la prévention du risque de morsure implique en premier lieu la sensibilisation des enfants comme des adultes, propriétaires de chiens ou non. »(santevet+1)
Autrement dit : tous les chiens peuvent mordre, quelle que soit leur taille ou leur race. Le risque dépend surtout de la situation, de l’éducation du chien, du bien-être animal, et des comportements humains autour de lui.(questions.assemblee-nationale+2)
Sources complémentaires utilisées : articles de vulgarisation sur le rapport ANSES 2021 (Actu.fr, SantéVet, Psychomedia).(actu+2)
PECCRAM : un programme pensé pour les enfants, au cœur de la prévention
C’est dans ce contexte qu’intervient le PECCRAM :
Programme d’Éducation à la Connaissance du Chien et au Risque d’Accident par Morsure.
À qui s’adresse le PECCRAM ?
Le programme est destiné prioritairement aux enfants de 4 à 12 ans, car c’est la tranche d’âge la plus exposée aux blessures par morsures.
Il peut être proposé :
en milieu scolaire (maternelle, élémentaire),
dans les centres de loisirs,
lors d’événements familiaux ou municipaux,
et dans tout cadre où des enfants sont en contact avec des chiens (famille, voisins, associations, etc.).
Quels sont les objectifs du PECCRAM ?
Le PECCRAM vise à :
Donner aux enfants une meilleure connaissance du chien : ses besoins, son langage corporel, ses signaux de stress et d’inconfort.
Apprendre les gestes et attitudes sûrs en présence d’un chien (le saluer, le caresser, ne pas le déranger, respecter son espace).
Réduire les risques de morsure en agissant sur les comportements à risque des enfants (courir, crier, tirer la queue, embrasser, déranger pendant le repas ou le sommeil, etc.).
Favoriser une cohabitation apaisée entre humains et chiens, en ville comme à la campagne.
Concrètement, après une intervention PECCRAM, on attend que les enfants soient capables de :
reconnaître les signaux d’avertissement chez le chien (léchage de truffe, bâillements, détournement du regard, rigidité du corps, etc.) ;(santevet+(1))
comprendre que tous les chiens peuvent mordre, pas seulement les « gros » ou les « catégorisés » ;(santevet+1)
adopter des comportements respectueux et sécurisés en présence d’un chien, qu’il soit connu ou inconnu.(oriloo+1)
Pourquoi le PECCRAM est-il cohérent avec les recommandations officielles ?
Le programme PECCRAM répond directement aux préconisations de l’ANSES et des rapports de santé publique :
Il place la sensibilisation des enfants au cœur de la prévention, comme le recommande l’ANSES.(santevet+1)
Il travaille sur la connaissance du chien et la reconnaissance des signaux de stress, deux axes explicitement cités par l’Agence.(santevet+1)
Il ne se focalise pas sur la race, mais sur le comportement, le contexte et l’interaction, ce qui correspond aux conclusions du rapport INVS et de l’ANSES.(questions.assemblee-nationale+2)
En ce sens, proposer des ateliers PECCRAM, c’est mettre en œuvre, sur le terrain, ce que les institutions recommandent au niveau national.
Et les adultes dans tout ça ?
Le PECCRAM cible les enfants, mais il ouvre aussi la porte à une prévention plus large :
Les parents sont sensibilisés aux règles de base (ne jamais laisser un enfant seul avec un chien sans surveillance active, respecter les moments de repos et de repas du chien, etc.).(santevet)
Les propriétaires de chiens sont encouragés à travailler l’éducation de leur animal, à consulter leur vétérinaire pour parler prévention morsure, et à être attentifs au bien-être et aux signaux de leur chien.(santevet)
Les professionnels de l’enfance et du social (enseignants, animateurs, éducateurs, professionnels de la médiation animale) gagnent des clés de lecture pour mieux accompagner les interactions enfants–chiens.
Pour aller plus loin : les sources officielles
INVS – Institut national de veille sanitaire
Rapport : « Facteurs de gravité des morsures de chien aux urgences – Enquête multicentrique, France, mai 2009–juin 2010 » (juin 2010)
Lien : http://www.assoprotecvet.fr/medias/files/2011-invs-gravite-des-morsures-de-chien.pdfassoprotecvetProposition de loi n° 3916 du 23/02/2021
Visant à mieux prévenir les morsures de chiens, avec un exposé des motifs qui insiste sur la vulnérabilité des enfants de moins de 15 ans.
Lien : https://www.politique-animaux.fr/animaux-de-compagnie/proposition-de-loi-n-3916-visant-prevenir-les-morsures-de-chiens-en-etendant-depolitique-animauxANSES – Agence nationale de sécurité sanitaire
Rapport du 8 février 2021 sur l’évaluation du risque de morsure chez les chiens, qui conclut que la race seule ne permet pas de prédire le risque et appelle à une prévention centrée sur l’éducation et la sensibilisation.
Liens (via Ethnozootechnie / ANSES) :Bertrand Louis DEPUTTE
Travail sur la sécurisation de la relation homme–chien et la prévention :
« Mieux vaut prévenir que guérir : comment sécuriser la relation Homme–Chien »
Lien : https://www.researchgate.net/publication/283818067_Mieux_vaut_prevenir_que_guerir_comment_securiser_la_relation_Homme-ChienansesÉtude italienne 2023 sur l’augmentation des hospitalisations pour morsures en Sicile, avec un pic chez les 0–12 ans :
Lien : https://www.frontiersin.org/journals/veterinary-science/articles/10.3389/fvets.2023.1104477/fullquestions.assemblee-nationaleÉtude australienne citée dans la littérature sur les morsures :
SULAIMAM A et al., ANZ Journal of Surgery, vol. 92, n° 5, mai 2022, p. 1149–1152. [source mentionnée dans ta liste]Sources complémentaires utilisées pour l’article : articles de vulgarisation sur le rapport ANSES 2021 et présentations du PECCRAM par différentes structures.
